VIOLENCES À L’ÉGARD DES FEMMES: UN PHÉNOMÈNE MASSIF, ENCORE TROP BANALISÉ
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- il y a 2 jours
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Ce 25 novembre, en ce jour de grève de la fonction publique(1), le Centre d’action laïque entend également manifester sa solidarité à l’égard des femmes. Car ce 25 novembre, c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une violence qui reste une réalité quotidienne, en Belgique comme ailleurs. Les chiffres sont implacables: ils rappellent que ces violences ne sont ni marginales, ni accidentelles. Elles s’inscrivent dans un continuum de discriminations, de rapports de domination et de tolérance sociale qui minent l’égalité et la dignité.
Violences intrafamiliales: une réalité omniprésente
Selon le dernier rapport d’analyse belge issu de l’enquête européenne sur la violence à l’égard des femmes et d’autres formes de violence interpersonnelle (2), 1 femme sur 3 en Belgique a déjà subi des violences sexuelles, physiques ou psychologiques de la part d’un (ex-)partenaire intime.
15% des femmes déclarent avoir subi des violences physiques de la part d’un partenaire, soit près du double du taux rapporté par les hommes (8%).
Violences sexuelles: une banalisation alarmante
Chaque jour en Belgique, près de 12 viols et 13 faits qualifiés d’attentats à la pudeur ou d’atteintes à l’intégrité sexuelle sont enregistrés.
78% des femmes ont déjà subi une forme de violence sexuelle sans contact (hands-off) au cours de leur vie, et 42 % ont été victimes de violences sexuelles avec contact (hands-on).
Les violences sexuelles restent massivement sous-déclarées et sous-estimées. Dans le cadre des violences intrafamiliales, à peine 25% des faits de violences sexuelles sont signalés à la police. En dehors du contexte familial, ce chiffre est encore plus bas, avec seulement 16%.(3)
La sphère professionnelle n’est pas un refuge
Près d’une personne sur quatre a été confrontée à du harcèlement sexuel au travail au moins une fois. Les femmes sont nettement plus touchées (32,9 %) que les hommes (17,5 %). Derrière ces chiffres se cachent des carrières freinées, des pressions silencieuses, et des environnements où l’impunité reste fréquente.
Féminicides: la face la plus brutale des violences sexistes
En 2025, au moins 23 féminicides ont été recensés (4). Une statistique sans doute incomplète : notre pays ne dispose toujours pas d’un mécanisme officiel de collecte et de centralisation de ces données.
Les droits fondamentaux en danger
À l’échelle mondiale, l’ONU rappelle que près de 40.000 femmes décèdent chaque année faute d’accès sécurisé à l’interruption volontaire de grossesse – un drame silencieux révélateur des violences structurelles faites aux corps et aux droits des femmes.
La lutte contre les violences perpétrées à l’égard des femmes n’est pas un simple enjeu social ou juridique : c’est une question de droits humains et d’égalité.
Le 25 novembre est un rappel. La lutte, elle, se mène chaque jour – dans les familles, à l’école, au travail, dans la rue, au sein des institutions et des mouvements citoyens.




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