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L’avortement hors du code pénal MAINTENANT !

À l’occasion de la Journée des droits des femmes (8 mars), le CAL, le GACEHPA et le Conseil des Femmes Francophones relancent leur revendication d’une sortie de l’avortement du code pénal belge. Ce combat féministe historique - qui date du début des années 1970 - n’avait abouti qu’à une dépénalisation partielle en 1990, concession faite à l’époque aux anti-choix. Près d’un demisiècle plus tard, il est grand temps de sortir de la stigmatisation de l’avortement !

Pourquoi rouvrir ce dossier à l’occasion de la Journée des droits des Femmes 2016 ? D’abord, parce que l’avortement est non seulement un droit, comme le consacrent l’OMS et l’ONU, mais c’est aussi un repère indicateur dans l’ensemble des droits des femmes célébrés le 8 mars. Lorsque l’accès à l’IVG est aisé, cela signifie que bon nombre de droits des femmes sont respectés ; lorsqu’il est mis en péril ou décrié, cela démontre que les droits des femmes EN GENERAL sont fragilisés.

Aujourd’hui, l’avortement reste considéré comme une faute. La preuve : très peu de femmes osent témoigner. Non parce qu’elles regrettent leur décision, mais par crainte du regard des autres et de la culpabilisation. « Imprévoyantes », « défaillantes », « irresponsables » : ces préjugés restent de mise dès que l’on aborde la sortie de l’IVG du Code pénal. Les femmes en abuseraient, n’auraient pas de « limites », etc. Les mouvements laïques et féministes refusent que l’on continue à considérer les femmes comme des citoyennes irresponsables qu’il faudrait surveiller ! La France a, l’an dernier, érigé l’IVG comme un droit. Le Luxembourg, dont la loi était sensiblement la même que la nôtre, a sorti l’IVG du Code pénal fin 2014. La Belgique, qui se distingue par ses lois progressistes en matière d’égalité, doit participer à cette évolution démocratique.

Car en Europe, les entraves à l’IVG s’aggravent. Le cas de l’Espagne est une exception : la mobilisation de janvier 2014 a réussi à faire reculer le gouvernement, même rien n’est acquis. En Pologne, le gouvernement veut interdire totalement l’avortement, alors que la loi est déjà parmi les plus restrictives d’Europe, avec celles d’Irlande, de Malte et de Chypre. Le recours légal à l’IVG en Italie, en Grèce et dans les pays méditerranéens en général, est contré par des médecins qui refusent de pratiquer un avortement (80% en Italie !) et par des pressions sociales ou religieuses, y compris sur les politiques. En Hongrie, la nouvelle Constitution protège l’embryon dès la conception : malgré la loi de dépénalisation, impossible donc pour les femmes d’obtenir une IVG.

Sur le plan politique, plusieurs formations ont accepté d’en débattre et d’envisager une modification législative. Du côté néerlandophone, l’organisation représentative de la laïcité en Flandre, DeMens.nu, a rejoint le mouvement et compte mobiliser les partis flamands. Alors OUI, donnons à l’Europe un signal fort. Au coeur de l’Europe, rejoignons les pays volontaristes en matière de droit des femmes ! Disons NON à la perpétuation de la stigmatisation des femmes et de l’avortement. NON au code pénal. OUI à une loi de santé publique !

Contact presse : sylvie.lausberg@laicite.net. Tél 02 627 68 52. 0475 54 91 36. #ivghorsducodepenal